Chronique de Farouk Djouadi
Arrêtez de vous plaindre. Mangez du pain et taisez-vous ! Tout va bien dans notre Algérie et il ne sert à rien de pleurnicher, espèces de pessimistes. C’est là, un peu, le discours de nos dirigeants. Il n y a plus de chômeurs qui se traînent par milliers dans nos artères et cafés. Il n’ y a pas de harragas qui se jettent par dizaines dans la mer tumultueuse, dans l’espoir de fuir leur pays natal. C’est le sauve-qui-peut. Comme si le pays est sujet à un incendie inextinguible et qu’il faut, coûte que coûte, sauver sa peau des flammes dévastatrices. Vous pouvez me croire, ce phénomène de Harraga qui tend à se banaliser est révélateur de la situation réelle de cette Algérie que ces responsables irresponsables, bien fringuées et au ventre bombé, tentent de nous peindre en rose. Vous êtes ingrats, vous les médecins et autres enseignants qui ne cessent de débrayer. On a tout a fait raison de vous matraquer et de vous faire des prélèvements sur salaires, puisque vous étés égoïstes.
On vous donne de quoi manger. Est-ce qu’il y a des gens qui meurent chez-nous de faim, pour faire tant de tabac, de grève et d’émeutes ? Même ceux qui ne bénéficient pas des largesses de Ould Abbas peuvent se nourrir des restes de leurs voisins nantis. « Nos poubelles sont mieux garnies que les tables des notables de nos voisins », se vantent les responsables de notre pays où tout va bien, malgré les envieux. Regardez bien les chats errants de nos ruelles crasseuses, qui ont échappés aux pièges de nos frères Chinois, comment ils sont gras. « La graisse de ces félins admirables, provient de cette richesse qui débordent sur les poubelles, peuple d’ingrats », nous tancent ces dirigeants qui ne savent pas se diriger.
« On dépense des milliards et des milliards pour vous assurer la nourriture et le médicament et vous osez vous plaindre, espèces d’ingrats », semblent encore nous dire ces responsables, comme si l’argent dont il parle leur revient de droit. On oublie que c’est l’argent de tous les Algériens sans exceptions et qu’il l’ont pas hérité de leur pères ni encore moins de leurs oncles maternels. Ce n’est pas une aumône que vous donner messieurs les charitables. C’est le fruit des sacrifices de mon père et de mon grand-père. Ce sont les richesses d’un pays habités par mes aïeules depuis que le monde est monde. Vous me dites que tout va bien, alors que je sais que les compétences du pays claquent les portes de Sonatrach et de Air Algérie. C’est une insulte à l’intelligence, votre mensonge grossier. Vous feriez mieux d’inventer de mensonges plus habiles car ce que vous racontez est impossible à avaler. Comment voulez-vous que je vous crois quand je sais que un jeune n’a pas le droit de faire l’amour à sa bien aimée et que seuls votre progéniture qui a des villas un peu partout peuvent le faire en toute tranquillité, loin des remontrances des barbus qui hantent nos rues et les agents de la polices des moeurs qui guettent nos érections. Comment voulez-vous que je vous crois quand je sais que des Algériens meurent encore, en ce 2009, de paludisme et de typhoïde.
F.D in tribune des Lecteurs
